120 battements par minute

par ffred  -  30 Août 2017, 14:48  -  #2017, #Drame France, #Robin Campillo, #Nahuel Perez Biscayart, #Arnaud Valois, #Adèle Haenel, #5* ♥, #Cannes

 

Début des années 90. Alors que le sida tue depuis près de dix ans, les militants d'Act Up-Paris multiplient les actions pour lutter contre l'indifférence générale. Nouveau venu dans le groupe, Nathan va être bouleversé par la radicalité de Sean.

 

Voilà sans doute l’un (le ?) des films français les plus attendus de l’année. Donné gagnant pour la Palme d’or cette année à Cannes, le film repart tout de même avec le Grand Prix. Personnellement, j’en attendais beaucoup. Eastern Boys, le précédent film de Robin Campillo, était l’un de mes préférés de 2014. L’excellente rumeur en provenance de la Croisette me faisait cependant un peu douter. Heureusement, pas de mauvaise surprise, le film est un choc. Même si à l’époque j’avais à peu près l’âge des personnages, je ne me sentais pas encore concerné et vivait loin (plus ou moins consciemment) de tout cela. D’entré, Campillo nous prend à la gorge et ne nous lâche plus jusqu’à la dernière seconde. Sa mise en scène est ultra puissante, sèche, sans concession. Le scénario, inspiré de sa propre expérience au sein de l’association (sans être auto-biographique) est au diapason. Il mélange tous les genres (politique, drame, tragédie, romance…) avec un certain bonheur et une certaine efficacité. C’est dur, fort, brutal, plein d’amour, de violence, de passion, de mort, et à la fois plein de vie et d’une folle espérance : celle de vivre justement, tout simplement. L’interprétation est tout aussi puissante. Le casting est hétéroclite mais ô combien séduisant et convaincant. Si Nahuel Perez Biscayart n’est pas une révélation pour moi (il tient le premier rôle de l’excellent Je suis à toi), Arnaud Valois en est bien une. Espérons qu’il change d’avis et se remette définitivement à tourner lui qui avait tout arrêté après seulement trois films il y a quelques années. Avec aussi, dans un second rôle, la toujours excellente Adèle Haenel.

On en ressort donc complètement sonné, assommé, à l’image d’une salle, d’un silence de cathédrale, où l’émotion est encore palpable tout au long du générique de fin. Un film marquant qui fait son petit bonhomme de chemin dans la tête et qui hante encore plusieurs jours après l’avoir vu. Gageons qu’il en sera ainsi pour les votants des prochains César ! Du grand cinéma pour un grand film essentiel et bouleversant. Le film d’un combat (et il n'est pas terminé), le film de l’année.

 

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