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Le Ciné de Fred

Joker

 

Lion d'or à Venise et rumeur plus qu'alléchante, il n'en fallait pas moins pour piquer ma curiosité. Même si le nom du réalisateur Todd Phillips (celui qui a commis les Very Bad trip et autres comédies potaches pas très drôle) faisait peur. Contre toute attente, sa mise en scène est plus que maitrisée, elle est virtuose. Tout comme l'interprétation aussi habitée qu'hallucinante de Joaquin Phoenix, l'une des toutes meilleures de ses dernières années et celle de l'année assurément. Il nous avait déjà gâté avec quelques prestations de haute volée, mais là elles sont toutes surpassées. Difficile de voir un autre favori pour les prochains Oscar. Lui qui en a déjà raté trois (Gladiator, Walk the line, The master) devrait logiquement raflé la mise cette fois-ci. A ses côtés, Frances Conroy (le rôle est vraiment trop fin), Zazie Beetz et même Robert de Niro sont totalement éclipsés. Si le scénario n'a peut être rien d'original sur le fond (même s'il traite de quelques thèmes importants, de la lutte des classes aux origines du mal et à la filiation), il nous offre un récit sombre et tragique, violent, parfois drôle, souvent délirant et toujours suffocant. Il s'éloigne surtout des habituelles adaptations de comics en créant une histoire originale autour du Joker, ennemi juré de Batman, non tirée d'une bande dessinée. Le film sort donc des sentiers battus aussi grâce à cela. Si on ajoute à tout ceci, une direction artistique superbe et une très belle musique, on obtient, dans cette année cinéma assez terne, l'un des meilleurs film de 2019, si ce n'est le meilleur. A l'opposé des super-héros clinquants, voilà une antithèse des Marvel et autres productions du genre, le portrait d'un homme cassé par la société pour un grand film. Puissant, noir, passionnant. Une excellente et jubilatoire surprise.

Joker
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M
Certes Joaquin Phoenix interprète à merveille son personnage troublant de malade mental.
Mais j'ai trouvé un peu "too much" le parti pris du réalisateur d'en faire un personnage sympathique, acclamé par la foule, et qui a toutes les circonstances atténuantes quand il perd son boulot ou qu'il devient violent. Le fait qu'il soit handicapé mental suscite tout de suite une sympathie et une empathie à son égard, en le rendant inattaquable et irresponsable pénalement. Du coup, j'ai ressenti cela comme une "roublardise" du réalisateur pour faire passer son message de lutte des classes (les "invisibles" et "laissés pour compte" de la société contre les "favorisés") sans être inquiété.
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D
Bonsoir ffred, moins enthousiaste que toi mais je reconnais que le film ne laisse pas indifférent.
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F
Peut être pas un chef d’œuvre mais un grand film pour ma part...