Samedi 1 octobre 2011
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13:49
C’est le premier film de Philippe Garrel que je vois. Et sans doute le dernier
aussi. J’ai trouvé cela sans intérêt. Long, lent, prétentieux, ennuyeux, psychologie à deux balles, discours politique gaucho-bobo-intello convenu et j’en passe. Scénario imbuvable donc, mise en
scène au diapason. La direction d’acteur est en dent de scie. Mauvaise pour les garçons : Louis Garrel
fait de plus en plus la gueule et est de plus en plus moche. Il joue toujours pareil, c’est lassant. Jérome
Robart a du potentiel mais ici cela sonne faux. Sa voix off de narrateur n'arrange pas les choses. Pour les filles c’est bien mieux. Céline Salette (aussi dans le récent L’appollonide) est plutôt bonne. Monica
Bellucci quant à elle s’en sort très bien dans le rôle le plus difficile. C’est la partition la plus crédible du film, le seul personnage attachant voir émouvant. C’est mieux que rien mais
pas suffisant pour rendre le film aimable. Bref vraiment pas accroché. Une étoile pour la Belucci. Seule chose un peu brulante de ce film qui ne porte vraiment pas bien son nom…
Par ffred
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Vendredi 30 septembre 2011
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10:14
La bande-annonce ne laissait rien présager de bon. Cela s’est largement confirmé. Film totalement raté et sans aucun intérêt alors qu’il y avait matière à une belle
fresque. Le scénario n’est dépassé dans la mollesse que par une mise en scène de mauvais téléfilm. Indigne pour des acteurs (ceux pour qui on est venu…) de ce rang qui font ce qu’ils peuvent dans
ce naufrage. Mais c’est sans doute là le talent, être bon dans un mauvais film. Michael Lonsdale est bien sûr
formidable, Tahar Rahim totalement sous-exploité, même chose pour Lubna Azabal dont le rôle, très intéressant, est totalement sacrifié et Mahmud Shalaby est à suivre. Cela manque de tout : de force, de souffle épique et romanesque, d’intensité dramatique.
Une certaine émotion arrive quand on ne l’attendait plus…à cinq minutes du générique de fin, trop tard. Ismael
Ferroukhi avait pourtant été prometteur avec son premier film Le grand voyage. C’est presque aussi ennuyeux et mal
fait que l’imbuvable L’armée du crime de Guédiguian situé à la même époque. Bref ratage et déception donc…dommage…On peut largement s'en passer.
Par ffred
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Jeudi 29 septembre 2011
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18:12
Après le succès critique et public du Premier jour du reste de ta vie, on attendait
Rémi Bezançon au tournant. Cet Heureux évènement n’en sera pas un pour ma part. Tout cela est bien
poussif. Je n’ai pas vraiment accroché. Je n’ai pas trouvé cela drôle. Quelques sourires de temps en temps. Ca se donne des airs de comédie douce-amère sur l’air du temps mais on en est très
loin. Bon, l’univers de la maternité et du couple avec enfant m’est étranger mais j’ai trouvé cela plein de clichés. Contrairement à son précédent opus la mise en scène (comme le scénario, un peu lourd) de Bezançon laisse à désirer. Tout cela est très
plan-plan et sans originalité. Les acteurs font ce qu’ils peuvent pour surnager. Louise Bourgoin s’en sort
plutôt bien, Pio Marmaï est égal à lui-même en ado attardé. Minimum syndical pour Balasko, Frémont, Lazure, un peu mieux pour Firmine
Richard et la chanteuse Anais, assez à l’aise. Déception pour Besançon donc, difficile de confirmer après
un gros hit. Rien de nouveau sous le ciel de la comédie française…
Par ffred
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Mercredi 28 septembre 2011
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17:32
Nouveau film de Gaël Morel après le
très beau Après lui en 2007. J’en sors bien perplexe voir dubitatif. La noirceur du film aurait pu tendre vers une sorte
de romantisme exacerbé et désespéré mais ne tourne finalement qu’à quelque chose de glauque dont nous sommes les voyeurs involontaires. Morel a-t-il voulu représenter ses fantasmes ou ses
expériences ? Il a voulu, apparemment, proposer à un public homo « de se reconnaitre dans un personnage mauvais ». Je ne m’y suis pas reconnu. Ni dans les autres non plus
d’ailleurs. On ne s’attache pas à eux et le mystère qui les entoure ne nous intrigue pas. Malgré tout quelques situations sont vaguement familières. Mais le scénario comme la mise en scène manque
de force, de fièvre et d’une émotion palpable. Tout est un peu trop froid ici. On pense parfois à L’homme blessé ou aux
Nuits fauves. Mais on est bien loin du bouillon émotionnel de ces deux là. Reste l’interprétation, de qualité. Stéphane Rideau est toujours aussi beau et sexy même s’il s’est pas mal empâté. Il s’en sort très bien. Dimitri Durdaine est très convaincant et semble promis à un certain avenir. Béatrice Dalle assure, Didier
Flamand aussi.
Un film à ne pas mettre en toutes les mains (int – de 16 ans) qui ne devrait toucher qu’un faible public gay. Mais un film courageux qui ne peut laisser indifférent
Il m’a mis plutôt mal à l’aise…c’est mieux que rien…
Autres films de Gaël Morel dans Le ciné de Fred : Après lui, Le clan
Par ffred
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Mercredi 28 septembre 2011
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10:15
Vu en juillet en avant première au Festival de Paris We need to talk about Kevin continue encore aujourd'hui de me hanter. Il restera
l'un de gros coups de poing (et de cœur !) de cette année cinéma. Que dire de ce film tellement il brasse de thèmes forts et tellement il vous prend aux tripes ? Un mélange de sentiments sans
cesse contradictoires, soufflant le froid et (plus rarement) le chaud. On reste viscéralement scotché de la première à la dernière image. Le récit est éclaté en un terrible kaléidoscope, horrible
et glacial, passant sans cesse d’une époque à une autre (ce qui peut dérouter). Le scénario est une merveille de mécanique dramatique au service d'une mise en scène d'une précision rare. Elle ne
juge pas, mais nous délivre les faits, rien que les faits, froidement. Parfaite réussite pour Lynne Ramsay,
réalisatrice britannique peu connue dont le dernier film remonte à 2003. Elle s’appuie sur une technique parfaite, du montage à la musique et, bien sûr, sur une interprétation qui frôle la
perfection. Après avoir vu maintenant plusieurs des films sélectionnés à Cannes cette année, on se demande comment le prix d’interprétation féminine a pu échapper à Tilda Swinton. En comparaison, on est loin du jeu, finalement très lisse, de Kirsten Dunst dans Melancholia. On savait
l’actrice anglaise talentueuse mais arriver à un tel degré de perfection, n’ayons pas peur des mots, relève de la rareté. Elle est juste prodigieuse. Passant par tous les états, elle incarne
cette mère de famille désespérée, vivant la pire descente aux enfers qu’une mère puisse connaitre, dans un véritable état de transe (c’était mon cas en fait…), pour une partition qui fera date
dans la filmographie de l’actrice et dans cette année cinéma. Il est rare de voir des actrices s’abandonner et se donner autant pour un rôle. Meryl Streep, Tilda Swinton et les autres…Il va sans dire que du coup, elle tire tous les autres vers le haut.
John C.Reilly est très bien dans le rôle du père aveugle (et
lâche ?). Acteur discret et peu connu chez nous, il mériterait de plus grands rôles. On le verra dans le nouveau Polanski en fin d’année. La révélation du film est sans aucun doute Ezra Miller dans le rôle de Kevin. Déjà quelques films et séries télés au compteur mais il se révèle totalement ici.
Il est sidérant et son regard inquiétant reste gravé longtemps dans la mémoire après avoir vu le film.
We need to talk about Kevin est un vrai choc. Un film qui se ressent
autant avec la tête et le cœur qu’avec les tripes. Une expérience autant sensorielle qu’émotionnelle. Rarement une confrontation mère/fils au cinéma aura été aussi forte. Rarement un portrait de
femme en perdition aura été aussi puissant. Rarement les sentiments de culpabilité et d’impuissance auront été si justement décrits. Un film effrayant qui sort de l’ordinaire, à ne pas mettre
devant tous les yeux. Noir, profond, touchant, choquant. A voir sans hésiter !
Vu dans le cadre du Festival
d’été. J’avais un peu insisté pour qu’il soit dans la sélection. Pour avoir vu tous les films sauf ceux du 21, je peux d’ors et déjà annoncé que mon vote N°1 pour l’actrice est là (sans
vouloir influencer quiconque…)
Par ffred
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Mardi 27 septembre 2011
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11:20
Une fois n’est pas coutume : c’est la bande-annonce qui m’a attiré vers ce film. Un premier film donc pas de référence metteur en scène et
Christa Théret pas vraiment convaincante jusque là (Lol, Le bruit des glaçons), surtout après le navet
Le village des ombres. Et puis Anne Le
Ny, Johan Libéreau et la trop rare Laure Duthilleul. Tous très bien. Ce premier film de Emmanuelle Millet est une petite merveille de délicatesse. Tout est fait avec tact, beaucoup de tendresse et, même si
le propos est difficile, avec beaucoup d’espoir. L’atout premier est que la jeune réalisatrice ne juge jamais son personnage principal, ni aucun des autres d’ailleurs. On suit le parcours de
Sarah, libre mais à la dérive, avec intérêt, comme on suivrait celui d’une meilleure amie ou d’une sœur. L’émotion est sur le fil, toujours contenue, il n’y a pas de pathos. Le tout est donc
porté par une Christa Théret formidable. Elle assure un maximum pour son premier premier grand rôle. Elle
porte tout le film sur ses épaules, elle est de chaque plan et on l’aime. D’entrée son personnage est attachant. On ne sait pas d’où elle vient ni où elle va, mais elle est là, elle vit et elle
vibre sous nos yeux, femme-enfant ne comprenant pas trop ce qui lui arrive. Au final elle nous touche profondément.
Un très beau film, sensible, subtil, plus profond et moins léger que le titre veut bien le laisser croire. Une bien jolie surprise. Une
réalisatrice et une actrice à suivre. Deux belles révélations dans l’un des plus beaux premiers films de l’année.

Par ffred
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Lundi 26 septembre 2011
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18:26
Vu le bon bouche à oreille je me suis retrouvé devant cette cochonnerie et je m’attendais, du coup, à mieux. Le film n’est pas désagréable loin
de là. C’est assez drôle, parfois vraiment loufoque voir désopilant. Mais pas sur toute la distance malheureusement. Aucun des deux camps n’est vraiment jugé et chacun en prend pour son grade.
Quelques temps morts et pas mal de répétitions. Le discours est très courageux mais dans un conflit dont on ne voit pas le bout du tunnel, tout cela semble bien utopique. D’ailleurs la fin est un
peu tout « much » en ce sens. Par contre on retrouve avec plaisir Sasson Gabai, le héros de La visite de la fanfare. Il est formidable et arrive à rendre son personnage très attachant même s’il est un peu agaçant au
départ. Au final, ce premier film de Sylvain Estibal, est une petite comédie sympatique mais ne restera pas
les mémoires. Même si ça fait du bien de répéter (en vain ?) que nous sommes tous frères et que tout ira bien (un jour ?)…
Par ffred
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Jeudi 22 septembre 2011
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11:07
Long, lent, lourd, sans émotion. 2h02 d’ennui sur fond de velours, de dessous en dentelles et de fin d’époque. Bertrand Bonello rate le coche et passe à côté de ce qui aurait pu être une
belle fresque intimiste. On ne s’attache pas une seconde aux personnages. La fin est comme un cheveu sur la soupe. Les actrices sont plutôt laisser à l’abandon. Même l’excellente Noémie Lvosky ne tire pas son épingle du jeu. On retrouve pelle mèle Hafsia Herzi, Céline Sallette,
Adèle Haenel, Jasmine
Trinca. Mais la seule qui sort du lot est l’intrigante Alice Barnole dans le rôle de la femme qui rit.
C’est son premier rôle au cinéma et elle mérite qu’on la suive avec attention. Les décors et les costumes sont très réussis. Pour le reste manque de puissance, d’émotion, d’une mise en scène et
d’un scénario digne du propos. Les filles de joie sont tristes, nous aussi…Bâillements.
Dernier film vu dans le cadre du Festival d'été. Après l'excellente critique de Chris sur ce film, je m'attendais à finir en beauté. Ce n'est donc pas le cas.
Mais ce festival a tout de même été le plus palpitant que nous ayons connu jusqu'à là. Vivement le Festival d'automne deuxième édition !

Par ffred
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Mercredi 21 septembre 2011
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14:43
Avec Paranoid Park et Milk j’avais cru perdre à jamais Gus Van
sant. Comme on perd des metteurs en scène en route parfois. Mais non, il est de retour. Et avec tellement de bonheur (ou de malheur devrais-je dire !). Restless est tout simplement un
petit bijou, chef d’œuvre de tendresse, d’amour et de mort. Pourtant cela partait mal, je n’aimais pas les premières minutes et m’attendais au pire comme pour ses deux précédents films. Et tout
d’un coup (à la présentation des parents au cimetière exactement) : ding ! La magie est arrivée, les vannes se sont ouvertes, et ne se sont pas refermées. Il y a un moment que cela
n’était plus arrivé mais j’ai fini en larmes (sortant bien vite de la salle…). Peut être que les thèmes abordés (le cancer, la perte des parents) me sont trop familiers ces derniers temps et que
ma sensibilité n’en est que plus renforcée. Mais il y aussi que l’histoire est belle, impossible, tragique. On rit de la mort ici, comme on jouit de la vie ailleurs. La première faisant son
implacable travail alors que la seconde ne demande qu’à éclater. Une fois n’est pas coutume le réalisateur se fait discret et léger. Tout est simple. Mais sans jamais l’être trop, sans tomber
dans aucun travers et surtout sans aucun pathos. Le jeune couple d’amoureux est merveilleusement interprété par une Mia Wasikowska (Alice au pays des
merveilles, The kids are alright) lumineuse et un Henry Hopper (fils de) tout aussi
doué. Un formidable et attachant duo qu’on se plait à aimer. Avec aussi les excellents Ryo Kase (Lettres d’Iwo Jima), Jane Adams (Happiness, Hung) dans un rôle un peu trop court et
Schuyler Fisk (fille de).
Le tout est produit par les Howard père et fille.
Restless est une vraie belle et bonne surprise. Un vrai travail d’orfèvre de la part du réalisateur du sublime Elephant qui continue d’explorer les affres de l’adolescence. Un film plein de tact, de délicatesse et d’amour. Ou comment parler
de la mort sans gravité. Une des plus belles émotions de l’année.
Avant dernier film à voir dans le cadre du Festival d'été, je vais être bien embêté pour noter tout cela...
Gus Van Sant dans Le Ciné de Fred : Milk, Paranoid park
Par ffred
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Mardi 20 septembre 2011
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21:40
Je n’avais pas du tout entendu parler de ce film avant sa sortie mais le bouche à oreille est très bon. Et comme La guerre des boutons ne me
verra pas, je me suis laissé tenter. N’étant pas du tout fan de western, je n’attendais pas grand-chose et la surprise est d’autant plus belle. J’ai vraiment beaucoup aimé. Esthétiquement le film
est magnifique. Chaque image, chaque plan est plus beau que le précédent. La mise en scène de ce second film de Mateo Gil, scénariste à succès, est une vraie petite merveille. Elle glisse, fluide, à fil de cette histoire prenante
d’amitié, d’amour, de trahison et de vengeance. Le scénario, solide, nous tient en haleine d’un bout à l’autre sans une once d’ennui. On s’attache facilement aux personnages, sans jugement aucun,
et on aurait bien aimé les accompagner encore un peu plus loin. Pour incarner ce Butch Cassidy vieillissant, on retrouve le grand Sam Shepard, impérial, qui n’avait pas eu un si beau et grand rôle depuis longtemps. Face à lui le bel ibérique
ténébreux Eduardo Noriega tient bien la distance. On retrouve aussi l’irlandais Stephen Rea, impeccable. Ce très beau film mérite vraiment le détour. Une réussite sur toute la ligne. Scénario, mise
en scène, technique et interprétation, tous au diapason pour nous offrir un spectacle crépusculaire, tout autant intimiste que grandiose, d’une maitrise et d’une élégance rare. Dommage qu’il
sorte dans l’indifférence générale au milieu d’une guerre de boutonneux…
Mateo Gil Scénariste :






Par ffred
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