Mercredi 23 novembre 2011
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00:25
Le stratège est le nouveau film du réalisateur de Truman Capote, Bennett Miller qui change ici radicalement de genre. Franchement je m’attendais à pire. Ca se
laisse regarder (sans grand enthousiasme tout de même). C’est bien calibré pour le public américain amateur de ce sport, le base-ball, qui reste souvent, pour nous européens, un mystère. Scénario
et mise en scène très conventionnels, le cahier des charges hollywoodiens est bien respecté. Gageons que sans Brad Pitt (j’ai vu quelque part qu’il faisait son Robert Redford, c’est tout à fait
ça !), aussi producteur, et Philip Seymour Hoffman (sous-exploité) le film serait sorti directement en DVD dans nos contrées. Jonah Hill (Supergrave, Funny people…) n'est pas mal du tout et
on voit Robin Wright dans une seule scène. Pas désagréable mais complètement anecdotique. On peut largement s’en passer.
Par ffred
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Mardi 22 novembre 2011
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16:00
Avant même sa sortie le film défrayait la chronique. Interdiction aux moins de 16 ans (injustifiée à mon sens, les jeunes voient bien pire tous les jours à la télé
ou sur internet), projection cannoise houleuse, affiches enlaidies d’un laconique « censuré » ou d’un inutile « à vous de juger ». Tout cela ne fait que de la publicité
gratuite au film, tant mieux. Le bouche à oreille négatif allant de « nul » à « porno chic » n’arrangeant pas les choses, je me suis donc déplacé plus par curiosité que par
envie. Résultat : une excellente surprise, j’ai adoré. Comme certains films par le passé (Antichrist, La soledad…) injustement boudés ou descendus en flèche, j’ai envie de le défendre. Plus
qu’un film glauque, abject, provocateur ou faisant l’apologie de la prostitution, je n’y ai vu qu’un très beau portrait de femme. Désespérée et à la dérive. Une jeune femme qui pour survivre
s’abandonne totalement. Pour son premier film Julia Leigh n’explique rien. Elle ne montre rien non plus, pas de scène scabreuse à l’image, tout reste dans l’idée et dans la suggestion. Le point
de vue négatif de certains n’est que dans l’interprétation que l‘on peut s’en faire. Si certains (beaucoup) y voit quelque chose de malsain, je n’y vois qu’une sorte de conte de fée moderne
désincarné, froid, glacial et sans amour (à l’image de notre époque où la jeunesse et les corps sont devenus plus marchandises que beauté et innocence à préserver ?), ni vulgaire, ni
graveuleux. On ne sait rien de Lucy, d’où elle vient, où elle va, ce qui la pousse à agir de la sorte, l’argent n’étant pas le motif premier (brûler un billet de 100 dollars ?) bien qu’elle
multiplie les petits boulots et soit étudiante…Bref, plus de questions que de réponses, mais voulons-nous vraiment les connaitre ? Est-elle juste une jeune fille perverse ou d’autres
sentiments la mènent-elle ?
Techniquement le film est très réussi. La mise en scène, les couleurs et les décors sont sobres, aussi froids et impersonnels que les personnages. La quasi absence
de musique ne se fait pas ressentir. Emily Browning, que je voyais pour la première fois, est absolument parfaite, subjugante, une vraie révélation. Sa plastique et son aisance naturelle dans le
rôle ne sont pas pour rien dans la réussite de ce premier long métrage de la réalisatrice protégée de Jane Campion. Elle réalise un film qui certes, divise, mais ne laisse pas indifférent (il est
vrai que la salle, pleine au départ, c’est vidée progressivement…). Pour ma part, j’ai été littéralement fasciné. Y voyant plus là grande mélancolie et désespoir infini plus que perversion et
noirceur glauque. Après Animal Kingdom, une autre petite pépite en provenance d’Australie. Une belle au bois dormant revisitée plus proche de Lynch que de Disney. Aussi réussi sur la forme que
sur le fond, un vrai coup de cœur, beau et troublant…
Par ffred
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Lundi 21 novembre 2011
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09:59
Les quelques échos que j’en avais n’étaient pas très bons. Mais voilà, il y a la reine Kristin. Malheureusement après Contre toi, elle se fourvoie de nouveau cette
année. N’ayant pas eu le temps de lire le roman de Douglas Kennedy, le film ne m’en donne pas forcément envie. Après L'homme qui voulait vivre sa vie, encore une adaptation ratée de l'écrivain
américain. Je ne suis jamais rentré dedans. La mise en scène se veut styliser et se donner un genre qui ne nous donne que de l’ennui (mais les images d’insectes sont très belles…). Le scénario
est tarabiscoté. Cela se veut intriguant et mystérieux mais rien n’est vraiment fait pour nous accrocher. Même le gros coup de théâtre ne change rien. Les personnages ne sont pas attachants.
Celui d’Ethan Hawke en premier. Et puis en français il sonne vraiment faux, il aurait mieux fallu tout faire en anglais. Du coup, il n’est pas crédible. Pas plus que Kristin Scott Thomas que l’on
voit finalement très peu et que l’on a vu largement meilleure. Le doute plane tout le temps sur le pourquoi du comment, folie, schizophrénie, fantastique ? Pour atterrir en eau de boudin sur une
fin assez incompréhensible. Bref ce n’est vraiment pas terrible. Alléchant sur le papier, très décevant à l’arrivée…
Par ffred
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Dimanche 20 novembre 2011
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19:00
A l’instar de Hatty Potter, l’épilogue de la saga Twilight se fera en deux parties. Et tout comme Harry Potter, on se fout de nous mais il faut bien faire rentrer
les dollars. A étirer l’histoire ainsi sur deux films, seul l’ennui demeure. J’ai failli m’endormir en permanence. Déjà le n°3 était bien soporifique. Ici il ne se passe rien, mariage, lune de
miel (ils vont enfin au lit, mais on ne voit rien bien sûr), grossesse, accouchement… La guimauve et le puritanisme ne s’arrangent pas. Les acteurs non plus, de plus en plus sans vie comme les
personnages qu’ils incarnent. Naturellement quand cela devient intéressant : générique de fin et rendez-vous dans un an. Bref de pire en pire depuis le deuxième opus qui reste le meilleur.
Je me demande toujours pourquoi j’ai commencé à aller voir cette série…
Critiques de : Twilight - Chapitre 1 : Fascination, Twilight - Chapitre 2 : Tentation, Twilight - Chapitre 3 : Hésitation
Par ffred
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Dimanche 20 novembre 2011
7
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15:15
Après le catastrophique L’armée du crime, Robert Guédiguian revient à ses premières amours et à ce qu’il fait le mieux : le film social marseillais. Si Les
neiges du Kilimandjaro n’atteint pas la qualité et l’émotion de Marius et Jeannette, il en reste tout de même agréable. Mais sans rien de bien surprenant non plus. C’est fait très
simplement, peut être trop. Ca commence bien mais très vite cette histoire de culpabilité et de pardon sur fond de misère sociale ne devient plus très crédible. On est plus au temps de Victor
Hugo (qui a inspiré le metteur en scène). N’y croyant plus on décroche un peu. Pour le peu que j'ai vu du feuilleton, cela fait tout de même légèrement Plus belle la vie...Reste les jolies
prestations de tous les acteurs habitués du réalisateur avec quelques nouveaux comme Maryline Canto ou Karole Rocher (les deux très bien) alors que Grégoire Leprince-Ringuet est toujours aussi
insipide. Au final cela se laisse regarder : bons sentiments, luttes sociales, soleil, pastis et barbecue, mais on reste un peu sur notre faim…
Critiques de Lady Jane, L'armée du crime
Par ffred
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Samedi 19 novembre 2011
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14:35
Mis en scène par Frédéric Jardin (Cravate club) et écrit par Olivier Douyère (Scènes de crime, Agents secrets) et Nicolas Saada, scénariste et réalisateur de
l’excellent Espion(s), Nuit blanche est une excellente surprise. Dans la parfaite lignée des polars musclés à la française de ses dernières années de 36 quai des orfèvres à Pour elle et
A bout portant. 1h40 d’action pure qui ne nous laisse pas une seconde de répit pour reprendre son souffle. Certes la mise en scène ne fait pas dans la dentelle mais c’est traité sur un rythme
fou, on ne s’ennuie pas une seconde et le film passe comme un éclair. Le scénario, huit clos en temps quasi réel, pas toujours très crédible mais on s’en fout un peu, ne s’encombre pas de
psychologie. Les dialogues, non dénués d’humour, ne sont pas pour une fois dans ce genre de production, complètement idiots. Le montage est bien sûr très serré, la photo de Tom Stern (directeur
photo de Eastwood) est très belle. Côté casting les acteurs assurent aussi. Je crois que c’est la première fois que Tomer Sisley me convainc, il est vraiment parfait pour le rôle (il est venu
présenté le film tout seul comme un grand avant la projection, déplorant –à raison- la distribution catastrophique : 2 salles sur Paris au lieu des 15 prévues, victime des vampires et des
intouchables…). Après Polisse, Joeystarr est encore une fois très bien mais cette fois-ci en dealer. Prestation assez hallucinante de Julien Boisselier en flic ripoux, accompagné par les
excellents Serge Riaboukine, Laurent Stocker et Lizzie Brocheré.
Thriller noir, haletant, hyper nerveux, 100% action et 100% suspens, Nuit blanche est un excellent divertissement dont on ressort un peu sonné mais ravi.
Un film sans prétention, duquel on n’attend pas grand-chose au départ mais qui s’avère être très efficace.
Par ffred
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Mercredi 16 novembre 2011
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18:55
Deuxième film vu dans le cadre du Festival d’automne n°2. Pour l’instant cela ne décolle pas.
Après le chahuté Contagion, 50/50 ne m’a pas beaucoup plus convaincu. Au contraire du film de Soderbergh le réalisateur Jonathan Levine mise tout, lui, sur l’émotion. Le film se laisse
regarder, ce n’est pas désagréable du tout. Le problème c’est que tout est bien calibré, bien propre. Aucune surprise, aucune aspérité. Le drame et la comédie se côtoient dans une histoire
douce-amère tissée de film blanc. Mais tout reste en surface, cela manque cruellement de profondeur. Les personnages manquent un peu d’épaisseur. La mise en scène est bien trop sage nous évitant
tout de même le gros pathos. Joseph Gordon-Levitt est comme toujours très bien mais il ne nous offre rien de nouveau par rapport à sa filmographie. On a connu Seth Rogen bien plus en verve et les
filles Anna Kendrick, Bryce Dallas Howard (encore dans le rôle de la méchante) et Angelica Huston (dans le rôle de la mère) passables, sans plus. Bref pas mal, pas renversant, quelques rires,
quelques larmes. Une petite déception tout de même. Et surtout, on a déjà vu cela tellement de fois...en mieux...
Par ffred
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Dimanche 13 novembre 2011
7
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10:55
L’un des derniers films présenté à Cannes cette année que nous n’avions encore pas vu. Markus Schleinzer, dont c’est le premier long métrage arrive aussi avec la réputation de nouvel Haneke. Célèbre metteur en scène autrichien pour qui il a d’ailleurs travaillé, on sent les influences. Le résultat
laisse perplexe. Le sujet est effroyable. Il s’inspire aussi certainement des faits divers qui ont secoué l’Autriche récemment de Natacha Kampusch à Josepf Fritzl. Le traitement laisse songeur.
Le scénario ne juge pas et ne prend pas parti. Les faits sont présentés froidement. La mise en scène est minimaliste, tout en longs plans fixes. Le point de vue n’est que du côté du pédophile et
rien ne nous est montré (heureusement) et tout est suggéré. Ce qui amène bien sûr quand même un sentiment de malaise, accentué par l’absence total de musique. Aussi dérangeante qu’elle soit
l’interprétation de Michael Fuith est assez sidérante. Le petit garçon est très bien aussi. Mais au final la
froideur de l'ensemble finit paradoxalement par ne provoquer aucune émotion et par légèrement nous ennuyer. Un film tout de même glaçant dont on ressort perplexe tiraillé entre l’effet pervers et
coupable d'être voyeur contre son gré et la réalité de cette horreur ordinaire au quotidien. Un film dérangeant, au sujet on ne peut plus délicat, à ne pas mettre entre toutes les mains. Dans ma
catégorie « films qui se méritent »…Dans le même genre cette année on préférera Il était une fois
un meurtre...
Par ffred
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Samedi 12 novembre 2011
6
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17:34
Dans le classement des navets de l’année ce premier film de Christian Clavier
comme réalisateur sera certainement sur le podium. Tout est raté. Déjà sur le générique, la mention TF1 Films production n’inspire pas vraiment confiance. La mise en scène est catastrophique,
pale copie de tout ce que l’on a vu dans le genre. Le scénario n’a rien à lui envier. Les gags n’ont aucun effet, lourdingues, clichés et compagnie. La seule chose étonnante de la part de Clavier
est cette défense de l’homoparentalité. Même si cela est très maladroit. L’interprétation est bien sûr au diapason. Il en fait des tonnes comme d’habitude, tout bonnement imbuvable. Muriel Robin et Helena Noguera,
quant à elles, ne s’en sortent pas trop mal dans la débâcle mais quand on a rien à jouer... Jean Reno cachetonne et se
parodie de plus en plus. Définitivement perdu, il ne nous manquera pas beaucoup. Pour finir Michel Vuillermoz
est ridicule. Bref une comédie assez lamentable, qui, dans d’autres mains aurait pu être regardable. Pour le coup on souhaite que cette première réalisation de Clavier soit aussi la
dernière….
Par ffred
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Vendredi 11 novembre 2011
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16:43
Anne Fontaine nous avait plutôt habitué à des drames voir des comédies
dramatiques. C’est la première fois qu’elle nous plonge dans une comédie pure. Tous les codes sont respectés. C’est rythmé comme il faut, la situation (gentils pauvres contre bobos fripés
méprisants choc des classes sociales) est là aussi. Les dialogues sont assez vulgaires, les gags sont prévisibles. Ca commence plutôt bien, on rit pas mal. Mais plus le film avance plus tout cela
se délie dans une certaine monotonie et répétition et quand le côté social arrive un certain pathos gâche un peu la fin. A côté de cela les acteurs sont convaincants et rendent leurs personnages
attachants. Le couple Huppert/Poelvoorde fait des étincelles même si on ne croit pas trop à l’histoire d’amour. Bref une petite comédie pas
désagréable mais aussitôt oubliée. On préfère Anne Fontaine dans le registre Entre ses mains, Nettoyage à sec ou Comment j’ai tué mon père…
Critiques de Coco avant Chanel, La fille de Monaco
Par ffred
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Publié dans : 2011
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