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Le Ciné de Fred

Elle s'en va

Elle s'en va : Affiche

 

Bettie, la soixantaine, se voit soudain abandonnée par son amant et en péril financier avec le restaurant familial. Que faire de sa vie ? Elle prend sa voiture, croyant faire le tour du pâté de maisons. Ce sera une échappée. Au fil de la route : des rencontres de hasard, un gala d’ex-miss France, le lien renoué avec sa fille, la découverte de son petit-fils, et peut-être l’amour au bout du voyage… Un horizon s’ouvre à elle.

 

Elle s'en va est le premier film d'Emmanuelle Bercot que je vois (hormis son chapitre des Infidèles -le meilleur- l'an passé). J'ironise souvent sur Catherine Deneuve pour titiller quelques blogueurs fans. Mais il faut bien reconnaître que c'est une grande actrice. Sans doute la plus grande actrice française (enfin derrière Isabelle...). La seule en tout cas depuis plus de cinquante ans a être rester au top sans traversée du désert. Aussi à l'aise dans la comédie que le drame, ou même à pousser la chansonnette (dans les navets d'Honoré). Il faut bien dire qu'elle est ici encore formidable. Un rôle magnifique écrit sur mesure où elle nous donne toute la plénitude de son talent. Elle est tour à tour agaçante, drôle, touchante, émouvante. Une des plus belles performances d'actrice de l'année. L'excellente direction d'acteurs de la réalisatrice profite évidemment à l'ensemble du casting. Le jeune Némo Schiffman (fils de Bercot) est très bien (même si on lui filerait bien quelques claques parfois). Tout comme la chanteuse Camille qui trouve ici un de ses premiers rôles au cinéma. Elle y est particulièrement convaincante. Avec aussi les excellents mais inconnus Gérard Garouste et Paul Hamy, une vieille gloire du passé (Mylène Demongeot), une ex-espoir dans un troisième rôle (Hafsia Herzi), une ex-speakrine toute frippée (Evelyne Leclercq) et une vétérante sans son gendarme (Claude Gensac 86 ans). Mais la réussite du film ne tient pas que pour ses acteurs. C'est écrit finement et intelligemment par la réalisatrice (et Jérôme Tonnerre), pour une mise en scène toute en nuance et bienveillance envers son personnage principal. On assiste là à un très beau portrait de femme à un tournant important de sa vie. Bien que très différent, on pense un peu au très beau Les beaux jours de Marion Vernoux. Elle s'en va est un road movie sensible et tendre, fait avec tact, sensibilité et simplicité. Avec une actrice que l'on connait par cœur mais qui, une fois de plus, nous étonne et force notre admiration. Un très beau rôle pour un film qui marquera et restera l'un des plus beaux de l'année. Vu depuis des semaines (au Festival Paris Cinéma début juillet en présence de l'équipe du film, mais sans Deneuve), j'y pense encore très souvent... Une très belle surprise, et un gros coup de cœur pour cette rentrée 2013 qui, on l'espère, présage d'une fin d'année un peu meilleure que les huit premiers mois... A voir en salle dès le 18 septembre.

 

Elle s'en va
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S
J'ai beaucoup aimé votre critique. Je voulais aussi vous dire que Gérard Garouste n'est pas un inconnu, c'est (pour moi en tout cas) l'un des plus grands peintres de cette décennie.
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P
Bon, nous voilà à nouveau pas d'accord... J'imagine le même film sans Deneuve, une catastrophe... Au contraire de toi, je trouve le scénario très mauvais et terriblement convenu. Une grosse déception pour moi.
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N
Argh, encore un film à voir... je ne trouve plus le temps o_O
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