16 Avril 2015
Modeste fonctionnaire dans une banlieue de Londres, John May se passionne pour son travail. Quand une personne décède sans famille connue, c’est à lui de retrouver des proches. Malgré sa bonne volonté, il est toujours seul aux funérailles, à rédiger méticuleusement les éloges des disparus… Jusqu'au jour où atterrit sur son bureau un dossier qui va bouleverser sa vie : celui de Billy Stoke, son propre voisin.
Attention cet homme va vous faire pleurer ! On ne peut pas dire que le sujet soit très vendeur. Mais Uberto Pasolini nous a concocté là le film le plus humain et le plus délicat de l'année. Tout est absolument réussi. Tout y est. Le scénario, subtil, fin, intelligent. Le ton, jamais plombant, plein d'un humour doux-amer, sans pathos, mi mièvrerie. La mise en scène, simple, sobre, toute en retenue. L'interprétation, où Eddie Marsan trouve là son meilleur rôle. Il est incroyable et juste bouleversant. Tous les seconds rôles sont formidables, dont Joanne Froggatt (la Anna Bates de Downton Abbey). La technique, sans faute. Avec une photo superbe, se colorant au fil du récit et une très belle musique. Sans dévoiler le dénouement, la fin est une des plus terribles que j'ai vue depuis longtemps. Dans le film suivant vu dans la foulée, je pleurais encore rien que d'y repenser. Mais Une belle fin n'est pas qu’un film sur la mort, la solitude ou l'indifférence. Par delà le constat social, on peut y voir surtout un bel espoir de vie là où on ne l'attend pas forcément. Pour ma part, ce film est un vrai grand bonheur. Tendre, puissant, touchant. Un chef d'oeuvre d'humanité qu'on est pas près d'oublier...